ELB Conseil | Les bonnes recettes de l'entreprenariat au féminin
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Les « bonnes recettes » de l’entrepreneuriat… au féminin

Pascale Bracq, la présidente du Groupe Femme et Société de Sciences-Po http://www.sciences-po.asso.fr/, a eu la très bonne idée de mettre en place une approche spécifique « femmes entrepreneurs » et c’est ainsi que j’ai pu écouter avec beaucoup d’attention la présentation de Sylvain Bureau, docteur ès Sciences de Gestion, Co-directeur de l’option Entrepreneuriat à l’ESCP http://www.escpeurope.eu/nc/fr/faculte-recherche/corps-professoral-escp-europe/professor/name/bureau/-/publications/.

 

Tudo que tem na geladeira (tout ce qu’il y a dans le frigo, expression brésilienne)
 

C’est en partant d’une métaphore culinaire que Sylvain Bureau nous a fait goûter la différence entre un entrepreneur et un manager : j’ai deux manières de faire une ratatouille. Si je suis « manager », je prend mon livre de cuisine et je suis pas à pas la méthode indiquée. Si je suis « entrepreneur », je prend ce qu’il y a dans le frigo, et en fonction de ma culture et de qui j’ai invité, j’improvise. « Manager » à l’origine, et « entrepreneur » aujourd’hui, je sens que cette métaphore va encourager ma créativité. Notre spécialiste-chercheur en entrepreneuriat a voulu très vite nous libérer d’une idée reçue qu’il estime très dangereuse, celle qui consisterait à associer le succès d’un entrepreneur à sa personnalité ou son charisme exceptionnel, au fait qu’il est arrêté l’école très tôt par exemple, etc. Tout ça n’est que baliverne, nous dit-il, Steve Jobs, Marck Zuckenberger ou Franck Prévost n’ont pas des personnalités « exceptionnelles », et si Steve jobs a démarré dans un garage, il ne faut pas oublier que ce garage se trouvait à Harvard. En d’autres termes, ce n’est pas le garage qu’il faut retenir, mais l’extraordinaire réseau auquel a eu accès Steve Jobs à l’époque. Comme dans l’image de la ratatouille, le succès de l’entrepreneur vient de sa capacité à mettre en place un raisonnement adapté au contexte. Un raisonnement qu’il appelle « effectual », qui permet de s’adapter en permanence dans un contexte plutôt incertain. « Un entrepreneur, cest quelqu’un qui est capable d’appréhender l’incertitude ».
 
Trouver des partenaires qui vous apportent les moyens de développer votre idée
 
Autre grande leçon à retenir pour vous décomplexer, ce n’est pas « l’idée (géniale)» qui est à l’origine de l’entreprise qui va en assurer le succès (une idée est souvent partagée), c’est la capacité à trouver les moyens pour développer cette idée qui va être déterminante. C’est donc l’addition de : ce qu’on sait et ce qu’on connaît PLUS qui on connaît PLUS qui on est = qui va faire la différence. L’enjeu, ce n’est donc pas le fameux « business plan » qui est là pour rassurer mais dont personne ne peut vraiment juger, l’enjeu, c’est de commencer « à faire des trucs », et de le révéler à une audience qui va pouvoir devenir votre partenaire. C’est cette capacité à s’attirer des partenaires qui va permettre à l’entrepreneur de faire grandir ses moyens, et ces partenaires vont l’aider à développer ses propres solutions. Il y a bien sûr une contrepartie à ces partenaires, c’est qu’ils ont leurs propres « agendas » qui vont amener à faire évoluer le projet dans un sens qui pourra être un peu différent de l’objectif de départ. L’entrepreneur ne cherche pas à plaire ou à séduire avec son projet. Il doit en être convaincu et plutôt que de vouloir le tester ou le valider, il cherche à trouver des partenaires qui lui plaisent et qui vont lui apporter des moyens qui l’amèneront à faire évoluer son projet.
 
L’entrepreneur : un créateur destructeur
 
Dernier point mais pas le moindre, évoqué par Sylvain Bureau, l’entrepreneur doit être prêt à créer du clivage. En effet, pour créer, il y a destruction. Les grandes innovations remettent en cause le statu quo, les valeurs partagées en société. Il y a un moment où il faut savoir « tuer le père ». Le Bonheur des dames d’Emile Zola, avec l’irrésistible ascension d’Octave Moret, en est une éclatante illustration. L’entrepreneuriat, par sa dimension d’innovation, est un acteur de la transformation sociale.
 
En conclusion, qu’ils soient déclinés au féminin ou au masculin, un zeste d’idée innovante dans laquelle on croit, une bonne pincée de capacité à trouver des moyens et à mobiliser des partenaires, et le coup de main pour oser créer la rupture, sont les ingrédients indispensables des bonnes recettes de l’entrepreneuriat.